Chez Paul, restaurant parisien pur jus ouvert en 1952 , la scène a marqué les esprits. Pensez, un repas d'affaires au cours duquel quatre verres de vin ont été servis. Quatre malheureux verres pour... huit clients ! «Et le manager donnait le ton, se souvient Daniel Karrenbauer, qui dirige la maison depuis quinze ans. Pas de tabac, de l'eau, des légumes verts. Deux ou trois de ses collaborateurs se seraient bien lâchés mais ils ne pouvaient pas. Avant, c'était plutôt "tu nous remettras deux bouteilles".»
Qu'on ne se méprenne pas, Daniel Karrenbauer n'est pas un pousse-aux-cuites, surtout pas dans ses murs, où l'on sert une cuisine française solide mais de qualité. Alors, à l'automne, lorsque le Conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux (CIVB) a démarché des restaurateurs pour l'opération «sac à vin», Chez Paul a suivi. L'idée : lorsque vous ne finissez pas votre bouteille (de vin de Bordeaux ou d'autres régions vinicoles), vous pouvez l'emporter dans un «doggy bag», si l'on ose cet anglicisme pour parler d'un fleuron de la gastronomie française. Le flacon est refermé et glissé dans une poche en carton léger, avec un cordon rouge et frappé de la mention : «Bordeaux, tout un monde de finesse.»
Moins pochetron. L'opération du CIVB, dans la ligne de son dernier slogan «Buvons moins, buvons mieux», découle bien sûr du durcissement de la répression dans les cas de conduite en état d'ivresse, même si les statistiques sur la mortalité au volant mettent plus en cause les alcool




