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Libération
Critique

Les Français «si archaïques et si modernes»

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Publié le 06/04/2004 à 0h07

Pour les Américains du Nord, ça ne fait pas un pli, les Français sont «impolis et arrogants». Ce n'est qu'au bout d'un an de vie à Paris qu'un couple de journalistes canadiens a compris la raison d'un tel jugement. Tout simplement une histoire de codes et d'espace. «En France, le magasin fait partie de la sphère privée du commerçant, alors qu'en Amérique c'est une extension de l'espace public, explique Julie Barlow. Du coup, en France, c'est à la personne qui entre de dire "bonjour".» Et tout s'enchaîne, ce bonjour-là devient la clé d'un bon accueil. «Des comportements peuvent être jugés grossiers en raison de deux approches divergentes de l'intimité», souligne-t-elle dans Sixty Million Frenchmen Can't be Wrong, («60 millions de Français ne peuvent pas avoir tort») écrit avec Jean-Benoît Nadeau (1). Invité par le Centre d'accueil pour la presse étrangère, le couple présentait, hier, l'édition britannique de ce livre, d'abord paru en mai 2003 aux Etats-Unis. Fruit de deux ans d'immersion, il raconte le paradoxe français. «Comment les Français peuvent-ils être si archaïques et si modernes, si autoritaires et si créatifs ?», s'interroge Jean-Benoît Nadeau.

Le duo a adopté une méthode d'ethnologues, questionnant ses propres préjugés puis déroulant des spécificités hexagonales : le culte de l'éloquence, la chorégraphie des manifestations, le goût du terroir, le poids des grandes écoles ou le rôle de l'Etat tout-puissant. «L'Etat, c'est le totem des Français, décrypte Jean-Benoît N

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