Un jour ou l'autre, ça peut vous arriver si vous avez plus de 23 ans et êtes inscrit sur les listes électorales : une lettre qui vous convoque au tribunal, pour être juré d'assises. Par la grâce du tirage au sort, environ 20 000 Français se glissent chaque année dans la fonction de juge (sans en revêtir la robe), pour condamner ou acquitter ceux qui sont accusés de crimes (assassinats, meurtres, viols, attaques à main armée...). «Ça m'est tombé sur le dos d'un coup. J'ai relu trois fois la lettre, explique Marcel B., plombier. Je me suis renseigné. Je ne pouvais pas y couper. Je pensais que c'étaient des bénévoles qui faisaient ça. Ce n'est pas facile de juger quelqu'un, pourquoi moi ?»
Impression gênante. Comme une dizaine d'autres jurés, Marcel B. raconte son aventure aux auteurs d'un petit ouvrage illustré de dessins (1). Ils ont été recrutés essentiellement par petites annonces et n'ont pas siégé au même procès. Olivier Cirendini, journaliste indépendant, leur a fait revivre les étapes de leur parcours. Tandis que Cathy Beauvallet, une pro du dessin d'assises, les croquait. Le béotien les suivra agréablement dans ce voyage initiatique, étape après étape, chopant au passage des tas d'informations, ainsi que les commentaires de quelques autres acteurs d'un procès d'assises présidents, avocats, avocats généraux.
Après la lettre, et avant le procès lui-même, vient l'audience de révision qui sert à cadrer les jurés. «Le président nous a rappelé qu'il avait une voix, comme nou




