En général, elles viennent seules à la consultation. Elles vivent en couple, ont un désir d'enfant, arrêtent la pilule, attendent, s'impatientent et demandent l'aide de leur médecin. 23 % d'entre elles ressortent avec un traitement par citrate de clamoxifène, un inducteur d'ovulation.
Un pourcentage démesuré. Les inducteurs de l'ovulation sont de plus en plus utilisés, «prescrits souvent de façon prématurée, sans réelle hypofertilité», révèle une enquête menée par l'assurance maladie sur plus de 700 femmes de la région Midi-Pyrénées. Or, rappelle-t-elle, «un diagnostic d'hypofertilité ne peut être porté qu'après douze mois d'absence de conception. Celle-ci peut justifier la mise en route d'un bilan, mais pas la mise en oeuvre immédiate d'un traitement, sauf si des raisons évidentes ont d'emblée été identifiées».
De fait, la plupart viennent trop tôt. «La probabilité de concevoir un enfant dans un cycle est de 25 %», rappelle l'assurance maladie. Mais, surtout, «en première consultation, le médecin passe un quart d'heure à leur rappeler des choses de base, rapporte Jean-Marc Salmon, sociologue. Ils sont frappés par la méconnaissance des femmes de leur propre fonctionnement physiologique». La plupart de leurs patientes inquiètes ne sauraient pas ce qu'est un cycle, ni qu'il existe des jours de fertilité. «Elles se plaignent à leur gynécologue d'essayer de faire un enfant depuis trois mois, raconte Jean-Marc Salmon. Et en même temps racontent qu'elles ne voient leurs conjoints qu




