L'écologie s'apprend peu à l'école ; plus souvent au logis. A peine entré dans un Monoprix du centre de Paris, Sébastien, 12 ans et bientôt en classe de cinquième, entend sa mère et surtout sa tante, militante écolo, pester contre ses futurs professeurs. La liste de fournitures à acheter n'est pas à leur goût. Pas assez verte. Premier coup d'oeil et premier coup de gueule : le double-décimètre est exigé en plastique. «Ils ne laissent pas la possibilité d'en prendre un en métal. Il paraît que ça fait trop de bruit quand ça tombe par terre. C'est d'autant plus dommage qu'en plus de l'aspect environnemental, une règle en métal ne se casse pas et évite le catapultage de boulettes.» Une forme de recyclage du papier pour bataille rangée à travers la classe qui n'intéresse pas la famille. Au contraire du vrai papier recyclé sur lequel Sébastien se précipite dans la première allée «pour éviter de détruire des forêts». Avec les années, la pédagogie familiale a fait son effet.
A tel point que l'adolescent regarde sans envie les classeurs ornés des héros réels ou imaginaires que la plupart de ses camarades de classe aiment à trimballer dans leurs sacs à dos. «C'est plus compliqué avec mes filles de 14 et 16 ans, témoigne sa mère. Elles veulent des choses esthétiques, colorées. Entre le prix, l'environnement et leurs envies, on fait donc des compromis. Mais l'argument écolo est un bon moyen de faire taire les caprices.» Sa tante ajoute : «Dans des pays comme l'Allemagne ou la Suisse,




