Sur le devant de la scène, il y a eu certes, à la télé, le caricatural Pensionnat de Chavagnes, qui a surfé sur la nostalgie des bonnes vieilles méthodes d'antan. Mais l'internat contemporain a bel et bien la cote. Dans le privé (70 000 internes), comme dans le public (172 000), la demande explose (1). Ce qui relevait autrefois de la menace parentale fait aujourd'hui consensus. A droite comme à gauche. Jean-Louis Borloo veut créer des «internats de la réussite». Avant lui, Jack Lang avait lancé une vaste campagne de «revalorisation» de cette forme de scolarisation. Et si l'internat est tellement dans l'air du temps, c'est en raison de sa nature même, expliquent pédopsychiatres et sociologues. Un espace pas uniquement scolaire, et pas strictement familial non plus.
Tous les milieux sociaux
«Dans un monde hyperindividualiste, l'internat donne des repères de socialisation aux jeunes, assure Jean-Jacques Gazot, responsable d'un internat catholique à Fontenay-le-Comte (Vendée). On y apprend à respecter et à composer avec l'autre. Il y a des horaires à tenir et des efforts à fournir, car il faut rendre des comptes. Ce qui n'est pas toujours le cas à la maison.» Les élèves confient souvent, au moment des inscriptions, leur difficulté à se mettre seuls au travail. «La télé et l'ordinateur sont extrêmement chronophages. Dans l'environnement quotidien des jeunes, les sollicitations sont multiples. Et quand les deux parents travaillent, difficile d'y résister.» Du coup, les internats catholiques sont totalement




