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Libération

Hermann, un gâteau qui se mange sans fin

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Publié le 15/12/2004 à 3h29

«Tu veux que je te ramène Hermann ? C'est un gâteau tamagotchi. Il faut s'en occuper pendant dix jours, puis on partage la pâte en quatre. On en donne à trois personnes, et on fait le gâteau avec le reste. C'est pas super léger, mais c'est bon.» Pas compris grand-chose au message, mais un cadeau familial ça ne se refuse pas. Hermann est arrivé le lendemain sous forme d'un liquide jaunâtre ­ genre pâte à crêpe ­ dans un Tupperware. Avec les encouragements de la généreuse donatrice. Et un mode d'emploi photocopié du «gâteau de l'amitié» (lire ci-dessous).

Du suicide. On avait compris le double principe de la chose. Hermann, c'est bien une espèce de bidule à la japonaise dont on doit prendre soin comme d'un être vivant : le couvrir d'un torchon «afin qu'il respire», sans le mettre au réfrigérateur «car il n'aime pas le froid», et le faire boire et manger tous les quatre jours. Et c'est bien une chaîne de l'amitié, puisqu'il faut diffuser la matière première à des élus.

Il y a quand même deux hic : le temps et l'hygiène. Plus d'une semaine de préparation pour un gâteau, tout ça parce qu'il contient un levain (1) qui se fabrique en neuf jours. Pire, le problème d'hygiène. En 2004, avec tout ce qu'on sait de la perversité des bactéries, aller récupérer une pâte qui vient d'on ne sait où et la laisser une dizaine de jours à température ambiante en ajoutant du lait... c'est du suicide. Ou plutôt un meurtre. L'empoisonnement assuré de tous ceux qui goûteront Hermann. En l'apportant au

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