Les cases et les questions n'ont pas encore disparu : un formulaire administratif reste un formulaire administratif. Mais, depuis trois ans, grâce au travail du Cosla (Comité d'orientation pour la simplification du langage administratif), les questionnaires s'ancrent progressivement dans le réel et deviennent presque compréhensibles. Derrière les mots, il est désormais possible d'imaginer un être humain posant aimablement des questions et non un obscur rond-de-cuir du XIXe siècle, cherchant à étaler sa science.
Bien sûr, il s'agit d'un travail de longue haleine : la France, son pinard, ses quelque 1 000 fromages et 1 400 formulaires. Dans ce tas de paperasse aussi nécessaire qu'indigeste, le Cosla a choisi de s'attaquer aux plus lourds : ceux qui se distribuent à plus d'un million d'exemplaires chaque année. Après la demande de carte d'identité, celle d'allocations familiales ou encore du RMI, le comité a révélé hier ses dernières modifications. Elles concernent la demande d'aide judiciaire, les feuilles de soins et les demandes de bourse au lycée. Avec des résultats plus ou moins spectaculaires. La demande d'aide juridictionnelle a subi le lifting le plus probant. Présentation claire, aérée, couleurs chaudes : tout y est. En haut de la première page, l'objectif est clairement annoncé : «Nous sommes là pour vous aider.» Seul souci : si le langage administratif est une montagne, la justice en constitue son Everest. Un lexique a donc été joint à la demande d'aide juridictionnel




