Les jeux sont faits. Comme chaque année à Noël, on sait déjà quels jeux de société ont raflé la mise. Et, comme chaque année, ce sont les «classiques». Au hit-parade des meilleures ventes, ils devraient laisser loin derrière des dizaines de jeux nouveaux, originaux, qui ne font pas le centième de leurs ventes.
L'effet madeleine
La société évolue, pas les jeux. Au Monopoly, la rue Lecourbe conserve un prestige depuis longtemps éteint ; au Cluedo, un colonel au nom de condiment continue de sévir (mais que fait la police ?) avec son éternel chandelier, et ce n'est pas demain que SMS et verlan auront droit de plateau au Scrabble. «Les jeux de société sont souvent achetés en dehors des listes des enfants, précise-t-on chez Hasbro. Les parents offrent quelque chose qu'ils connaissent et qui leur permettra de jouer avec eux.» Contrairement aux marchés du jouet et du jeu vidéo, le paysage du jeu de société est donc figé. «C'est l'effet madeleine», analyse Patrick Ruttner, fondateur d'Oya, café-boutique proposant à Paris (XIIIe) près de 500 jeux à tester sur place ou à acheter. Pour Jean-Marie Lhôte, auteur d'Histoire des jeux de société (Flammarion), «le succès des classiques repose sur la simplicité de leurs règles». Un argument que réfute Patrick Ruttner : «Les jeux modernes ont des règles quatre fois plus simples que celles du Monopoly.» Chez le distributeur Hasbro, on préfère mettre en avant la familiarité avec un jeu : «Ce qui gonfle les gens, c'est d'apprendre de nouvelles règle




