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Libération

A Paris, le «grand don» en avant.

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Publié le 10/01/2005 à 23h31

«Bonjour mesdames et messieurs, aujourd'hui, c'est le "grand don"», harangue Enzo sur le pont Marie, entre l'île Saint-Louis et la rive droite, à Paris (IVe), samedi après-midi. Il désigne les livres, CD, jouets et fringues posés sur le rebord du pont. «Servez-vous, c'est gratuit», continue Enzo. Les promeneurs qui passent là par hasard sont parfois méfiants, toujours interloqués. «On vous doit quelque chose ?» Non. «Il faut donner quelque chose en échange ?» Non. «Quel est votre but ?» Donner aux gens tout simplement. Certains songent à l'un de ces vide-greniers dont la France est quadrillée chaque week-end. Les objets sont proches, mais le donneur a remplacé le vendeur. Bizarre. «A chaque fois, il faut réexpliquer car c'est incongru», soupire Enzo, look mi-étudiant, mi-militant, qui organise un «grand don» sur ce pont, en principe tous les deux mois.

A ceux qui s'attardent, Enzo et sa copine Marlène servent du vin chaud et détaillent le principe : on vient, on pose, «à partir du moment où vous mettez quelque chose sur le pont, ça ne vous appartient plus». D'autres prennent. Ni troc ni échange. Ni argent, bien sûr. Donné, c'est donné.

«C'est mieux que de le laisser moisir»

Lise, fringante quadragénaire, a posé des partitions : Monteverdi, le Poinçonneur des Lilas de Gainsbourg, Red River Valley. «Des morceaux que j'aime bien, je les ai chantés dans une chorale.» L'idée du grand don lui a plu : elle a lu un entrefilet dans le Parisien. Laurent, étudiant, a vu une annonce sur un

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