Un poignet cassé à moto ou une cheville brisée au foot, ça fait mal. Et quand il faut souffrir dans une ambulance en attendant d'arriver à l'hôpital, c'est encore moins marrant. Sauf dans quelques rares départements, dont le Lot. Depuis environ un an, les sapeurs-pompiers y expérimentent un nouveau médicament, le Meopa, dérivé du gaz hilarant. Au final, pas de quoi se plier en deux (heureusement pour ceux qui se seraient cassé une vertèbre), mais un effet euphorisant certain. Un jeune adolescent s'est ainsi récemment payé une bonne tranche de rigolade bien qu'il se soit fait écraser la main par une machine quelques minutes auparavant. A presque tous les coups, la douleur est apaisée. Les cas de grande euphorie, en revanche, ne surviennent environ qu'une fois sur vingt, selon Michel Taillade, infirmier-chef du service médical et des secours des sapeurs-pompiers du Lot. Car ce n'est pas seulement du protoxyde d'azote que les blessés respirent à l'aide d'un masque, mais un mélange avec de l'oxygène, qui répond d'abord à la douleur.
Plaisanterie. Il aura fallu attendre plus de deux siècles pour se rendre compte des vertus thérapeutiques de ce gaz. Après sa découverte par un Anglais à la fin du XVIIIe siècle, le protoxyde d'azote fait une apparition remarquée dans les foires. On paye pour se prendre une bouffée délirante... et pour subir les quolibets de la foule. Aujourd'hui encore, le gaz est vendu dans certaines raves. Mais c'est lors d'une party plus conventio




