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Libération

La belle réussite du maquilleur ethnique

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Créé en 1999, Black Up, ligne de cosmétiques dédiée aux Noires et métisses, fait un tabac.

Publié le 17/02/2005 à 0h37

Fabrice Mahabo est formel. «On ne peut pas utiliser le même pigment pour une "caucasienne" que pour une "ethnique", le bleu peut vite virer au gris.» Voulant se démarquer des produits bas de gamme, dont la distribution est cantonnée dans des quartiers spécifiques tel Strasbourg-Saint-Denis à Paris, ce make-up artist ivoirien a créé, en 1999, Black Up, une ligne de «maquillage professionnel». Pour les Noires, pas moins d'une dizaine de couleurs différentes de fond de teint ; pour les métis, un choix de six teintes. A quoi s'ajoutent des produits de nettoyage, purification ou gommage. «Souvent, il y a un problème de sébum chez les ethniques. Et ce sont des peaux qui ne sont pas adaptées au froid, il faut en prendre soin davantage.» Le maquilleur de 31 ans travaille actuellement sur les peaux plus claires, latino-américaines et moyen-orientales, afin de balayer toute la palette de carnations de ce marché spécifique. Pour les yeux, il propose des collections selon les saisons. A la suite de l'orange et du prune, il mise, pour l'hiver prochain, sur «l'anthracite dégradé avec du noir et une touche d'or».

Après trois ans de tâtonnements, sa société a décollé en 2002 et, «depuis, son chiffre d'affaires a été multiplié par 9», se félicite Olivier Bouillot, directeur commercial. Du coup, Black Up vise la place de numéro 1 sur ce créneau haut de gamme. Mais des grands comme Lancôme et L'Oréal tentent de s'y faire une niche. «Le réveil des fabricants traditionnels, c'est un peu tard, ils

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