Bordeaux de notre correspondant
Goûter le vin va-t-il devenir vain ? On en est encore loin. Mais la société OEno vient de commercialiser en France un nouveau bouchon, appelé Diam, qui a pour but d'éliminer tout risque de goût de bouchon dans l'alcool. Fruit de sept années de recherche menées en partenariat avec le CEA (Commissariat à l'énergie atomique) de Pierrelatte, il a obtenu au mois de décembre le trophée d'or de l'innovation au salon Vinitech 2004 de Bordeaux, une référence majeure dans le monde de la viticulture.
Au départ, le constat est simple : environ 5 % des vins ont un goût de bouchon, sans qu'on puisse prévoir lesquels : «C'est la roulette russe», explique-t-on chez OEno. A priori, plus la bouteille est vieille, plus le risque est important. Et plus le goût de bouchon est rageant. OEno a donc mis en oeuvre un processus permettant d'extraire du bouchon les molécules de thrichloroanisole (TCA), principales responsables de ce goût.
«CO2 supercritique». Pour le chasser, le CEA a eu l'idée de recourir au «CO2 supercritique», un procédé inventé en 1822, puis utilisé à la fin du XXe siècle pour amoindrir l'amertume du houblon dans la bière ou encore la part de caféine dans le café. Il reste certes un risque de contamination du bouchon après fabrication : les molécules de TCA sont très volatiles et il est possible que le bouchon soit contaminé durant le transport ou le stockage. Mais ces dangers sont faibles.
Diam est réalisé à partir de liège réduit en farine et de micro




