Le fameux «cachet de la Poste faisant foi» s'est bloqué après minuit. Mardi, il était toujours lundi 4 avril, date butoir pour la déclaration papier (1). A la poste principale de Paris, rue du Louvre, 2 500 adeptes de la dernière minute et retardataires se pressent aux guichets avant... et après minuit. Pour voir de leurs yeux, tel saint Thomas, le tampon du 4 avril estampiller leur déclaration. Dans le hall paré de marbre clair, le temps s'est arrêté. Un employé justifie la mansuétude de la Poste : «Comment voulez-vous qu'on coupe la file d'attente, qu'on change de tampon en cours de route ? Vous imaginez la réaction du client à qui on appliquerait le premier le cachet du 5 avril ? A dix secondes près, on le mettrait en retard auprès des impôts !»
Patrice se dirige directement vers les huit boîtes aux lettres à l'extérieur de l'immeuble. Il bénéficiera lui aussi d'un coup de tampon à la bonne date, puisqu'une levée aura lieu un peu après minuit. Soulagement. «Je suis intérimaire, avec huit employeurs. Au dernier moment, je me suis rendu compte qu'il y avait une erreur sur l'une de mes fiches de paie», explique-t-il.
La poste principale, qui a triplé pour l'occasion le nombre de guichets ouverts, se plie en quatre pour les contribuables parisiens. Elle met à leur disposition des feuilles vierges de déclaration et un répertoire des centres d'impôt. Ça ressemble à du service public. On sert même le café. «La seule chose qu'on ne fait pas, c'est aider les clients à remplir les fo




