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Bébé a deux jours, et hop à la maison

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Publié le 22/06/2005 à 2h42

Ils ont poussé leur premier cri il y a moins de trois jours et, de plus en plus, les maternités ne veulent déjà plus en entendre parler. Quelques heures après l'accouchement, les établissements renvoient mères et nourrissons à la maison. Beaucoup trop tôt pour l'Académie de médecine, qui a rendu hier une série de recommandations en cas de «retour précoce à domicile». «Il y a quelques années encore les femmes et leur bébé restaient hospitalisés entre trois et six jours, raconte Paul Vert, rapporteur de l'étude. Par petites étapes, on est en train de diminuer de moitié ce délai.» En 1994, seulement 3 % des nouveau-nés rentraient chez eux avant trois jours, ils étaient 7 % en 2002. Mais encore plus nombreux en Ile-de-France (15,7 %) et à Lyon (plus de 30 %).

Manque de lits. Conséquence, «on supprime les yeux d'un professionnel sur un enfant, et éventuellement sur sa mère» pendant une période clef du développement. Et l'Académie rappele qu'il faut au moins quatre jours au nouveau-né pour que la flore intestinale se constitue, une ou deux semaines pour que les reins soient matures, trois à quatre jours pour que le système de circulation sanguine se mette en place... Pour Paul Vert, le retour à domicile avant les soixante-douze heures qui suivent l'accouchement est «une décision qui doit appartenir aux parents, en concertation avec le monde médical». Il reconnaît qu'un retour précoce peut avoir du bon. Comme «le côté chaleureux du foyer familial», les retrouvailles avec les autres

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