Hérisson envoyé spécial
Pougne-Hérisson a toujours été source de légende. Ou plutôt Pougne et Hérisson, deux villages des Deux-Sèvres distants de 3 kilomètres, que la raillerie populaire a cruellement associés. Pougne-Hérisson, ça sonne bien : «Dans les internats, les colonies, les voyages, dire qu'on venait de Pougne-Hérisson, c'était s'exposer à toutes les moqueries, raconte une habitante. Dans l'imaginaire collectif, il ne pouvait pas y avoir moins de choses à faire qu'ici.» En 1989, une nouvelle équipe municipale veut donner à la ville une autre dimension et rencontre l'artiste Yannick Jaulin. Celui-ci esquisse un projet révolutionnaire qui doit conduire le «trou du cul du monde» à en devenir le «nombril», lieu de naissance fantasmé de tous les contes et légendes. Le délire est lancé, la population suit. En 1990, le village d'agriculteurs s'autoproclame très officiellement «nombril du monde». Quinze ans plus tard, le succès est total. Le festival du 15 août attire tous les deux ans plusieurs milliers de personnes dans ce patelin de 400 habitants.
Bonimenteurs. D'autres soirées thématiques ont du coup été instaurées pendant l'été. Celle qui était organisée jeudi célébrait la pleine lune. Avec des conteurs (revisitant les mythes de la fécondité et des loups-garous), un coiffeur (coupés à la pleine lune, les cheveux repoussent plus vite), mais aussi des bonimenteurs, des «lunothérapeutes» ou encore des lycanthropes (personne qui se prend pour un loup). Mais ce n'est rien comp




