Paulette Walter, originaire du Bas-Rhin, est membre du Collectif des victimes de la prestation compensatoire. «Je suis divorcée et je n'ai pas demandé de prestation compensatoire (PC). J'ai 53 ans et j'ai travaillé trente-cinq ans. Je vis depuis quelques années avec un monsieur qui est victime d'une PC. Il était veuf, avec cinq enfants de son premier mariage. Il s'est remarié. Ça a duré dix ans, divorce compris.
«Depuis 1991, il verse 600 euros par mois à son ex-femme. Il a pris sa retraite à 72 ans seulement à cause de ça, et perçoit aujourd'hui 3 200 euros. Le problème dans notre cas, c'est la question de l'héritage. Ce monsieur a 82 ans, il a une maison héritée de ses parents, c'est son seul bien. Le jour où il décédera, le montant de la prestation compensatoire, calculé jusqu'à la 99e année de l'ex-épouse, sera retranché de la succession.
«Il y a aussi le cas d'une amie, originaire du Haut-Rhin. Elle est mariée depuis vingt ans à un homme qui était chirurgien et qui a été condamné à payer une PC de 13 000 francs à son ex-épouse. Quand il a pris sa retraite de praticien, le montant de la prestation est passé à 7 000 francs. Il a aujourd'hui 75 ans, mais il continue à faire un travail administratif, et mon amie, qui a 55 ans, a dû retrouver un travail parce qu'ils ont eu une fille qui fait des études supérieures et qui n'a droit à aucune bourse. Alors, depuis trois ans, elle est secrétaire, elle va tous les jours à Strasbourg pour payer la PC de la première épouse, qui, elle




