C'est avec une angoisse contenue que l'on découvrit, voici deux mois, le B2Up, le chewing-gum qui fait grossir les seins. Présentée sur un site suisse (1), cette improbable alternative bubble-gumesque au duo bistouri-silicone semblait partir d'un désespérant état de fait, résumé par une utilisatrice helvétique : «Les seins, on n'y peut rien, c'est féminin. Alors, on veut en avoir.» Soit. Voici donc le remède supposé : un petit bidule tout rose, au goût assez fadasse, rempli d'extraits d'une plante miraculeuse «poussant à la frontière Thaïlande-Birmanie», et plutôt anxiogène dans son emballage pharmaceutique bardé d'idéogrammes japonais.
Buste plus généreux. La bête à mâcher contient un phyto-oestrogène, substance naturelle présente dans des plantes vertes, et, pour résumer, aux effets similaires à ceux des hormones d'oestrogène. Selon le fabricant, en travaillant régulièrement des molaires, devraient apparaître «en trois mois» un buste plus généreux, des cheveux plus soyeux, une peau plus douce.
Avant de commander vingt-cinq boîtes dans un grand élan de dégoût de soi (ou bien de goût de sein), on ne saurait trop conseiller d'écouter l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa). Celle-ci établit que «les aliments à base de phyto-oestrogènes sont vendus avec des allégations fonctionnelles qui restent à démontrer», et incite de plus «à la prudence chez les sujets présentant ou ayant présenté un cancer du sein ou des antécédents de ce cancer». Voilà qui calmera sa




