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Dans les petits papiers du bonheur

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Happython. A Jeumont, huit «agents» collectent les témoignages de félicité en vue d'une expo ce week-end.

ParHaydée Sabéran
Jeumont (Nord) envoyée spéciale
Publié le 20/04/2006 à 20h59, mis à jour le 20/04/2006 à 20h59

Kamel fait la bise à Ginette : «Vous allez bien ?» Vieilles connaissances au café le Narval à Jeumont, (Nord). Lui, 29 ans, grand échalas, elle, 78, petite et rondelette. «Ça va doucement, mon petit.» Elle vient faire son tiercé. «J'espère être riche, on ne sait jamais. Ça m'amuse.» Lui, il a une question : «Qu'est-ce qui vous rend heureuse ?» Elle : «Quand je me réveille le matin, je suis contente d'être là.» Kamel est «agent du bonheur», il pose la même question aux clients du troquet. Note les réponses sur des morceaux de papiers et les accroche avec des pinces en bois sur des séchoirs à linge, une oeuvre d'art collective. A la fin, ça donnera une expo dans la salle de bal années 30 de Jeumont.

Ils sont huit comme lui, tous au RMI, pour l'instant. Kamel, comédien, Emmanuel, cuisinier, Fatiha, secrétaire, Sonia, Vanina, Florence, Corinne, Mauricette. Thierry Vermont, musicien, comédien, ex- RMiste, leur a proposé de «battre le record du monde des moments heureux» à Jeumont. Ici, dans le bassin métallurgique sinistré de la Sambre, c'est comme se languir d'un clair de lune à Maubeuge : c'est pour rire. Pour ne rien arranger, ça s'appelle le Happython. «Parce qu'on a une vocation internationale. Le fil du bonheur, c'était plus joli, mais c'est en français», sourit Thierry Vermont. Moyen aussi, le logo de Tati et celui du gratuit Métro sur l'Internet. «On est sponsorisés par personne, sauf par le Fonds social européen.» Tati, c'est parce que le magasin, fermé depuis, a failli a

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