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Des hétéros pas zélés du préservatif

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Publié le 19/08/2006 à 22h59

La négociation, c'est le terme choisi par les spécialistes de la prévention du sida, et de toutes les infections sexuellement transmissibles, (IST), pour nommer ce moment délicat où des partenaires vont aborder la question du préservatif. Or, dans cette négociation, les deux sexes ne sont pas à égalité. «La vulnérabilité des femmes est plus grande», souligne Benoît Félix, coordinateur du cyberespace mis en place par le Centre régional d'information et de prévention du sida (Crips), à Paris. Cette structure délivre notamment des conseils et des arguments pour que la négociation n'en reste pas au chantage. Avec les limites du genre. «Il est très difficile de se mettre dans la tête des gens, reconnaît Benoît Félix. Faire l'amour, c'est lâcher prise, faire fusion avec l'autre. Pour beaucoup, le préservatif apparaît encore comme un corps étranger qui vient perturber la relation.» Pour cet infirmier, il faut apprendre à évoquer le préservatif le plus tôt possible, dès la phase de drague. Seul moyen de ne pas jeter un froid le moment venu.

L'enjeu est de taille. Mais les pratiques des hétérosexuels, contrairement à celles des homosexuels, sont rarement passées à la loupe. Quelques chiffres pourtant prouvent l'inconséquence des hétéros. En 2003, d'après l'Institut de veille sanitaire, un nouveau diagnostic de VIH sur deux concerne une personne contaminée lors d'un rapport hétérosexuel, et il s'agit le plus souvent d'une femme (26 % sont de nationalité française).

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