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Libération

Pigeon biset, prends garde à toi

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Publié le 19/10/2006 à 23h44

Boursouflé, unijambiste, pouilleux ou bien portant, le pigeon des villes, dit pigeon biset, est sans doute l'animal qui déclenche le plus de passions urbaines. Ses ardents défenseurs en font une victime de la brutalité des citadins et dénoncent sans vergogne «apartheid» et «génocide» que subirait le volatile. Ses détracteurs le qualifient de «rat volant» véhiculant toutes sortes de parasites, de surcroît agressif puisqu'il foncerait délibérément sur le piéton terrorisé.

«Hôte des villes depuis le Moyen Age», rappellent les services vétérinaires de Lyon, le biset a, au fil du temps, un peu trop pris ses aises. Principal grief, ses fientes, très acides, détériorent les façades des bâtiments. Face à l'afflux de plaintes pour nuisances, les municipalités établissent des plans d'action contre le volatile, en prenant appui sur des arguments sanitaires. Le CNRS vient d'ailleurs de lancer une étude sur les modes de vie du pigeon en milieu urbain.

Paris, Lyon et Marseille partagent le même constat d'une surpopulation. Moins malin que le rat, selon les vétérinaires, mais opportuniste, le pigeon trouve dans la cité de quoi s'alimenter en abondance tous les jours (déchets, marchés, habitants) et des bâtiments où nicher. Car le pigeon ne construit pas son propre nid, il squatte. C'est un «cavernicole troglodyte», en langage scientifique. Or ses lieux de nidification enveniment ses relations avec les humains. Paris et Lyon jouent la carte de la cohabitation pacif

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