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Chauffeur de bus par maux et par vaux

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Transports. Entre stress et éducation civique, voyage avec Sofiane Zaouchi, 29 ans, conducteur de bus de nuit à la RATP.

Publié le 07/11/2006 à 23h59

Dans la salle de repos déserte, Sofiane Zaouchi, 29 ans, conducteur de bus à la RATP, enchaîne les cafés avant de prendre son service. Mais, comme les bus sont la cible d'incendiaires ce week-end-là, son bus Noctilien n'ira pas en grande banlieue, à la demande de la préfecture de police. Départ prévu porte de la Villette, à Paris, à 3 heures du matin, arrivée quarante minutes plus tard devant la mairie d'Issy-les-Moulineaux. Et rebelote en sens inverse, trois rotations en tout. Sur le parking du dépôt, plusieurs dizaines de bus garés côte à côte. Sofiane Zaouchi passe le sien en revue, s'installe au volant, puis ferme le col de sa chemise avec une cravate équipée d'un bouton pression : c'est un système antiétranglement, le noeud est factice. Ces jours-ci, les conducteurs de la RATP ont les nerfs à vifs. Les mots de Sofiane partent en rafale : «Les mecs qui crament les bus, ils pénalisent leur famille. Je ne peux pas comprendre ça, c'est aussi nul que de s'en prendre aux pompiers.»

Porte de la Villette, il allume la radio et sélectionne une station FM. «Ça plaît aux gens, ça met de l'ambiance.» Deux jeunes Noirs grimpent à bord. Salutations, tickets. Un homme sans âge s'est faufilé derrière eux. Il se laisse tomber sur un siège, tête contre la vitre, ses vêtements sont fatigués. Sofiane ne parle jamais de clients mais de «voyageurs». Et les repère de loin. «Sur le trottoir là-bas, ce sont des gens qui bossent dans le nettoyage ou la restauration. Ceux-l

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