«Bonnet de bain obligatoire.» Les baigneurs ont beau râler, le règlement est désormais le même dans toutes les piscines publiques. A la surface de l'eau, d'un bassin à l'autre, c'est un ballet de têtes d'épingles flottant dans une certaine uniformité de tons : noir, blanc, bleu, gris. «On dirait des spermatozoïdes», constate Lola, nageuse de 18 ans, obligée de comprimer ses longs cheveux bruns sous une calotte en silicone. Tout aussi contraints au bonnet de bain, certains voisins européens, eux, s'en amusent : ceux des Italiens par exemple sont rose fuchsia, bleu turquoise, jaune citron, vert pomme... Autant de coloris qui transforment une contrainte en accessoires de mode.
D'ailleurs, ces «casques de bain», comme disent les Québécois, titillent l'imagination des créateurs. En septembre, des modèles customisés ont fait leur apparition sur le salon de tendances Who's Next, à Paris. Sonia et Nathalie Rykiel en ont intégré un depuis l'an passé dans leur collection de vêtements de sport : il est noir et signé Rykiel en argenté sur le côté, mais pas donné (32 euros). Des modèles bien plus abordables (autour de 8 euros), et de toutes les couleurs sont cependant disponibles sur des sites Web (1), qui offrent également de les personnaliser avec le logo de son choix.
Kitsch. Reste que le grand public des piscines ne semble pas prêt à tant d'originalité. Comme si un bonnet de bain devait être le plus sobre possible. Les souvenirs de vieilles dames décomplexées traversant




