Tempête dans une bouteille d'eau. A coup d'affiches, l'eau du robinet et l'eau en bouteille se livrent, sur la région parisienne, une guerre peu amène. Anne Le Strat, la présidente d'Eau de Paris, qui produit et assure le transport de 100 000 m3 d'eau par jour, ne décolère pas depuis qu'une campagne publicitaire de la marque bon marché Cristaline met en cause la qualité de l'eau du robinet.
Avec 1 400 panneaux posés dans Paris et sa périphérie, Cristaline délivre trois messages très agressifs, voire diffamatoires selon Anne Le Strat. Message numéro un : «Qui prétend que l'eau du robinet a toujours bon goût ne doit pas en boire souvent !» Sur ce point-là, difficile d'affirmer le contraire, quelques gorgées de l'eau de certaines brasseries et restaurants parisiens en donnent une petite idée... Mais tous les arrondissements ne sont pas égaux devant le goût de l'eau. Ainsi, 50 % de l'eau consommée par les Parisiens est de l'eau de source, réseau qui dessert le centre de Paris ainsi que les XIIIe et XIVe arrondissements. Les autres 50 % proviennent de la Marne et de la Seine et sont donc traités. Assez imbuvables mais c'est le prix à payer pour la sécurité.
Pernicieux. Ce qui amène au deuxième message, beaucoup plus pernicieux de la campagne. Sur un dessin de robinet, trois mots meurtriers pointent sur l'eau qui coule : Nitrate, Plomb et Chlore avec le slogan : «Je ne fais pas d'économie sur l'eau que je bois.» Sous entendu, l'eau du robinet est risquée




