«Mon homme est un vrai maniaque. Quand il prend une douche, il se lave intégralement !» La femme qui parle est du genre soignée, toujours tirée à quatre épingles, jamais une tache sur ses vêtements. Voilà pourquoi la réflexion a fait mouche. Comment ça, il se lave intégralement, pas toi ? Non, sous la douche, cette femme ne lave que ses «endroits stratégiques» : aisselles, sexe, pieds. C'est ça, pour elle, être propre.
«Comme une danse». Dans notre pays occidental, où 71 % des habitants déclarent prendre une douche par jour, où hommes et femmes se brossent les dents plusieurs fois dans une journée et se lavent les cheveux très régulièrement (1), à l'évidence, se tenir propre ne signifie pas exactement la même chose pour tous. «La propreté est un concept relatif que chacun compose différemment selon les situations et les individus croisés, un peu comme une danse», souligne Federica Tamarozzi, ethnologue au musée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée.
C'est en famille que l'on fait l'apprentissage de la toilette. Qu'on acquiert ses réflexes, ses manies, ses obsessions. Puis la confrontation aux habitudes des autres, les voyages peuvent susciter «une fascination, le désir d'agir autrement», poursuit l'ethnologue. Chacun bricole l'exigence culturelle de propreté avec sa bonne conscience. «Dans nos sociétés qui font de l'hygiène un impératif, les frontières entre l'envie et le dégoût ne sont, en réalité, jamais figées.» Ainsi, on pe




