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Libération

L'homme qui tient la main des femmes

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24 heures dans savie

Publié le 25/05/2007 à 7h56

Martigues (Bouches-du-Rhône) envoyée spéciale

Sur l'écran installé dans l'office des sages-femmes, un couple apparaît. Lui, nerveux, se balance d'une jambe sur l'autre. Elle, ventre de femme à terme, s'adresse à l'interphone : «Heu... Bonsoir. C'est possible de parler à une sage-femme ?» Pierre Chouraqui se lève et va leur ouvrir : «Bonsoir, dit-il. Je suis Pierre et je suis sage-femme.» Il les conduit dans une salle, équipe la jeune femme pour un monitoring. C'est sa première grossesse, elle a des contractions très fortes. Sans doute le début du travail.

Forte carrure

Tout à son stress, ce couple ne semble pas avoir relevé que la sage-femme qui s'occupe d'eux est un homme. Forte carrure, bras velus, la nuance saute pourtant aux yeux. «Du moment qu'on est bien accueillis et qu'on s'occupe de moi, c'est tout ce qui compte», souffle la jeune parturiente entre deux contractions. Dehors, il fait nuit noire.

Dans une salle voisine, une autre jeune femme, visage crispé, tente de dompter la douleur. Dès que Pierre Chouraqui s'approche d'elle, elle plonge ses yeux dans les siens, angoissée. Voilà déjà plusieurs heures qu'elle est entrée à la maternité. Malgré les contractions et les invitations du sage-femme à changer de position, son col s'ouvre très, très lentement. «Je préfère qu'un homme s'occupe d'elle, confie son mari. En général, ils sont plus compétents.» Aïe ! Les idées reçues se portent bien. Pour ce couple, le sexe masculin confère sé

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