Elèves étrangers en séjour linguistique, salariés expatriés, et même grands de ce monde se font régulièrement cette réflexion : pourquoi les Français claquent-ils des bises à tout bout de champ ? Prenons Angela Merkel. Quand Nicolas Sarkozy l'embrasse, la chancelière allemande esquisse machinalement un mouvement de recul. Jugerait-elle notre président un peu plouc ? (Chirac, lui, donnait plus volontiers dans le baisemain). Oui, les voyageurs sont en droit d'interroger nos pratiques. Quand faut-il faire la bise ? Et surtout, combien de fois faut-il tendre la joue ?
Un fabricant américain de cosmétiques pour les lèvres (gloss, hydratants.) a tenté d'y voir clair en rédigeant sur son site web un Guide to european kissing etiquette, sorte de manuel du savoir faire la bise en Europe. Le cas de la France y apparaît de loin le plus complexe.
Rester en plan. Pour être honnête, expliquer la règle n'est pas ce qu'il y a de plus simple. Pour commencer, ce n'est pas qu'une affaire de genre : de plus en plus d'hommes se font la bise. Dans le sud de la France, ils se sont toujours embrassés. Dès lors qu'on aborde les particularités régionales, comment s'y retrouver ? On croit se souvenir que c'est quatre bises en Ardèche et pas de bol, c'est seulement trois. On s'imagine que les Marseillais vont en claquer deux paires et faux, c'est seulement une. Rester en plan, la bouche tendue en avant, parce que la personne embrassée, ayant eu son compte, s'est déjà détournée, reste une expérienc




