Julien, 16 ans, pantalon baggy et sweat-shirt XL, s'enfonce dans un fauteuil. Ses parents, un couple séparé, lui font face. Tous les trois sont réunis à la demande du psychiatre Olivier Phan. Le conflit dans ce couple est tel que Julien «se blinde au cannabis», explique le thérapeute. Le silence est pesant. La rencontre, pourtant, doit permettre de débloquer la situation. Une heure plus tard, tout n'est pas réglé, loin de là, mais «une étape est franchie», commente le psychiatre, qui précise : «Quatre mois ont été nécessaires pour arriver à organiser ce rendez-vous.» Quatre mois, c'est long comparé aux deux jours de «stage cannabis» annoncé comme la nouvelle réponse des pouvoirs publics aux fumeurs de joints (1).
Il suffit de se rendre dans les locaux d'Emergence (Paris XIIIe), une consultation anonyme et gratuite pour les consommateurs de cannabis (lire ci-dessous), pour mesurer le décalage entre un problème de santé publique et le dispositif proposé par la loi. Même si professionnels et fumeurs ne veulent rien rejeter en bloc. «Le modèle d'origine, c'est le stage offert aux automobilistes qui ont perdu des points sur leur permis, commente Olivier Phan. Si l'idée de ces stages consiste à faire comprendre qu'il est dangereux de fumer des joints au volant, alors oui, deux jours suffisent. Mais s'il est question de soin, ça ne peut pas convenir.»
Flagrant délit. L'annonce de cette nouvelle mesure a fait beaucoup de bruit. Son contenu, lu




