Pour marquer l'entrée dans l'adolescence, il ne faudrait pas seulement se fier aux signes extérieurs d'une puberté naissante (transformation du corps, poils qui poussent, menstruations, etc.). Posséder un téléphone portable à soi s'apparenterait à un «nouveau rite de passage», soulignent les sociologues Joëlle Menrath et Anne Jarrigeon, qui enrichissent depuis plusieurs années les études de l'Association française des opérateurs mobiles (Afom).
Les adolescents sont, de fait, plutôt équipés : 71 % des 12-14 ans et 94 % des 15-17 ans possèdent désormais leur propre portable. Et, de tous ses usagers, les adolescents sont ceux qui envoient le plus de SMS (97 %), prennent le plus de photos (83 %), font le plus de vidéos (60 %), écoutent le plus de musique (62 %) et jouent naturellement le plus (61 %). Bref, du pain béni pour les chercheurs et les praticiens (psychologues, pédopsychiatres et psychanalystes) que l'Afom avait réunis le 4 avril à Paris (1). L'occasion de «croiser les regards» sur une tranche d'âge qui grandit, en cinq étapes et des milliers de coups de fil.
Se moquer de la valeur des choses
Contrairement aux apparences, même si les ados sont très équipés, tous ne sont pas surdoués en nouvelles technos. Si certaines fonctionnalités leur échappent, ils ont surtout en commun une grande décontraction vis-à-vis des objets technos qu'ils ne sacralisent absolument pas. Les portables circulent dans les familles comme autrefois les paires de chaussures et les vêtem




