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Libération

Le prêt-à-porter du pénitencier

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Uniforme. En Suède, les détenues d’une prison ont été rhabillées en femme.

Publié le 07/10/2008 à 6h51

Finis les vieux survêtements gris informes, qui hantent depuis des années les couloirs des centres de détention suédois, habillant hommes et femmes sans distinction. Les jours de l’unisexe sont comptés. Ne supportant plus ces tenues peu seyantes, les détenues se sont révoltées. Elles ont obtenu gain de cause. Et lors d’un défilé privé mi-septembre, les prisonnières ont pu découvrir leur nouvelle garde-robe, réalisée par une douzaine d’étudiantes de la prestigieuse école supérieure de design Beckmans à Stockholm. Une collection destinée à durer, qui introduit la couleur dans les cellules.

Bermudas. L'idée est arrivée directement de prison. «Les détenues se plaignaient beaucoup des vêtements qu'elles devaient porter», raconte Ann-Marie Dahlgren, porte-parole du système pénitentiaire. Des habits trop grands, peu confortables et pas solides. Les femmes ne représentant que 5 % des locataires des prisons suédoises, leurs soucis vestimentaires n'avaient jusque-là préoccupé personne. Pourtant observe Sverker Bergström, professeur à la Beckman, il est étrange de faire porter des tenues d'hommes à des femmes quand on sait que «beaucoup d'entre elles ont justement été victimes des hommes, à travers la prostitution ou le trafic de drogue par exemple».

Contacté par la direction du système pénitentiaire, l’enseignant a relevé le défi : une collection d’une vingtaine de pièces, répondant aux exigences de la prison et facile à réaliser par les détenues. Avant de se mettre

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