Un garçon de 10 ans qui se cabre de douleur quand un médecin lui pose des agrafes dans le cuir chevelu, «à vif» d'après sa mère. Une fillette qui aurait préféré qu'on lui «demande la permission» avant de lui faire une prise de sang.
Aux urgences comme ailleurs à l’hôpital, les enfants sont souvent terrorisés. Perdus au milieu des blouses blanches qui ne prennent pas toujours le temps d’expliquer ce qu’elles font, ils se mettent à hurler comme si on allait les égorger. D’autres, raides comme des piquets, ne desserrent plus les dents. Autant de situations que médecins, infirmières ou puéricultrices connaissent plus que bien. Réunis en ce mois de décembre à l’Unesco pour un colloque sur la douleur chez l’enfant, de nombreux praticiens ont pris la parole devant une salle comble. Visiblement, le sujet passionne toujours autant. C’est qu’après vingt ans de bataille, il reste encore des poches de résistance.
«Vulnérables». Dans la formation des médecins, la douleur est toujours à peine évoquée. Aujourd'hui pourtant, il arrive que des soignants refusent de pratiquer certains gestes si les conditions antalgiques ne sont pas réunies. Mais beaucoup s'abritent encore derrière un discours fataliste : «Eh oui, ça fait mal, c'est normal, ça va passer.» Ce qui a le don de hérisser Daniel Annequin, pédiatre à l'hôpital d'enfants Armand-Trousseau à Paris, et président de l'association




