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Le chiffon rouge de la femme de ménage

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La parité à la Suédoise (4/5). Plumeau.

ParCharlotte Rotman
STOCKHOLM, envoyée spéciale
Publié le 05/02/2009 à 6h51, mis à jour le 05/02/2009 à 6h51

Egalité des sexes, conciliation entre vie familiale et professionnelle, éducation des enfants : la France convoque toujours le modèle suédois quand elle espère faire mieux. Il fallait aller y voir de plus près.

Ne dites pas à ma mère que j'ai une femme de ménage, elle croit qu'on fait tout nous-mêmes. Avoir ou pas une aide ménagère ? Vu d'ici, cela a l'air anodin. En Suède, c'est un acte politique. Ce n'est plus la faucille et le marteau, c'est le plumeau et la serpillière. Encore maintenant, la question est taboue. «Quand j'ai commencé à faire appel à une femme de ménage, je ne l'ai dit à personne. C'est honteux chez nous», raconte une femme cadre.

Pas juste. Interrogée sur ce sujet, la ministre de l'Intégration et de la Parité explique «ne pas avoir de femme de ménage». Mais, pas hypocrite, Nyamko Sabuni ajoute : «Mon mari ne veut pas que l'on se fasse aider. Je lui ai dit : "Si tu n'en veux pas, prends plus de responsabilité à la maison."» A l'heure où les tâches domestiques sont de plus en plus paritaires, la femme de ménage viendrait à point pour soulager. les hommes. Pas juste, protestent les féministes. N'est-ce pas à l'homme de prendre ses responsabilités et d'enfiler ses gants de vaisselle ? Cette réticence toute suédoise vient se greffer à des arguments plus traditionnels : «Avoir une femme de ménage, c'était la preuve que je n'y arrivais pas, avec ma carrière, mes enfants et le reste. Quand la famille de mon mari vient chez nous, j'ai

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