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Prévenir le sida par la langue

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Sidaction. Un lieu d’éducation sexuelle sans tabous pour les jeunes.

(cc david drexler / Flickr)
Publié le 18/03/2009 à 6h51, mis à jour le 18/03/2009 à 6h51

«Vous avez déjà testé la résistance d'un préservatif ?» Sans attendre de réponse, l'infirmier en place un à l'intérieur d'une cage de verre, et propulse de l'air à l'intérieur. La capote enfle, gonfle, devient énorme. Aurore et Rebecca, 23 ans, écarquillent les yeux : «Monsieur, vous êtes sûr que c'est un vrai ?» Oui. Et c'est seulement lorsqu'il atteint quasiment un mètre de haut que le latex éclate. «Monsieur, le gland est resté collé sur la vitre», indique Rebecca, en pointant l'index. Gland, couilles, vulve, sodomie, foutre, point G, au Crips d'Ile-de-France (Centre régional d'information et de prévention du sida), les ados sont libres d'appeler une chatte une chatte.

Sans tabou.Ce lieu pilote, situé au pied de la tour Montparnasse à Paris (1), leur est exclusivement réservé. Entrée libre. Préservatifs gratuits un peu partout. «Ici, le Sidaction, c'est tous les jours», commente Benoît Félix, infirmier en santé publique et hôte intarissable. Avec lui, l'éducation sexuelle est tout sauf théorique. Prenons cette boîte bariolée, avec deux trous pour y glisser les mains. A l'intérieur, un pénis en érection. Le but du jeu, c'est de dérouler un préservatif dessus, alors qu'on ne voit pas ce qu'on fait. Comme dans l'obscurité. Ce samedi, Aurore et Rebecca, venues faire les boutiques à Paris, en ont profité pour faire un saut au Crips. «Surtout pour récupérer des préservatifs gratuits», reconnaît Aurore. Mais e

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