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Anorexie-dépression, la spirale

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Troubles. Un débat s’est tenu hier sur le lien entre santé mentale et variations de poids.

Publié le 17/06/2009 à 6h51, mis à jour le 17/06/2009 à 6h51

«L'anorexie mentale est une lutte contre la dépression.» Tel est le point de vue original défendu par Olivier Guilbaud, pédopsychiatre à l'Institut Montsouris, invité hier par l'Institut français pour la nutrition à débattre du lien entre santé mentale et variations de poids.

Cette pathologie essentiellement féminine (un homme dans un cas sur dix) reste rare (0,5 % de la population des adolescentes) mais pose «un problème de santé publique majeur» puisqu'elle peut conduire au suicide. L'anorexie mentale est aussi une énigme pour bon nombre de médecins, car aucun psychotrope ni traitement médicamenteux n'ont d'effet sur elle. On guérit malgré tout de cette maladie à la fois psychiatrique et somatique, si la prise en charge soigne et l'assiette et l'esprit. Pour les spécialistes, l'anorexie mentale est une «toxicomanie sans drogue», une addiction qui n'est pas liée à une substance mais à un comportement. Il y a une jouissance à contrôler et maîtriser ce corps qu'on assèche, à dominer «la faim douloureuse», recherchée comme une sensation forte.

Addiction. L'anorexie est-elle une conséquence de la dépression ou l'inverse ? Tant que la patiente est prise dans son addiction, difficile de savoir si elle était dépressive avant, ou si l'anorexie l'a rendue dépressive à force de dénutrition et d'affaiblissement général de son organisme. Pour Olivier Guilbaud, il est très probable que les jeunes filles concernées ont été dans une forme

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