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L’abaya, bienvenue en France

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La longue cape du Moyen-Orient a plus de chance que sa cousine afghane, la burqa. Relookée par de grands noms de la mode, elle s’offre un défilé à Paris.

Publié le 29/06/2009 à 6h51, mis à jour le 29/06/2009 à 6h51

Alors que Nicolas Sarkozy déclarait, lundi dernier à Versailles, que la burqa «ne sera pas la bienvenue» en France, une collection couture d'abayas, ces longs manteaux noirs que portent les femmes en Arabie Saoudite notamment, était présentée jeudi dans un palace parisien. Les couturiers ? John Galliano, qui habille Carla Bruni-Sarkozy, Paule Ka, qui a relooké un temps Ségolène Royal, ou Jean-Claude Jitrois, qui taille des blousons de cuir pour Johnny Hallyday. Sur la moquette épaisse du Georges-V, un cheval ouvre le show, monté par une écuyère à la chevelure aussi rousse que libre et drapée de l'interprétation très personnelle de l'abaya par John Galliano : un grand châle frangé qui remonte assez haut sur la cuisse, parsemé de feux d'artifice brodés. Devant quelques membres de la famille royale d'Arabie Saoudite, à qui cette première collection est dédiée, les mannequins évoluent, souples et parfois aguicheuses, comme habillées de classiques robes de soirée.

Subversion. Etrange défilé, alors que la France se divise sur la burqa. Vue d'ici, l'initiative peut passer pour une ultime provocation, promotion d'un vêtement symbole de l'oppression féminine. Vue de là-bas, en Arabie Saoudite, elle relève de la douce subversion, une brèche dans un code vestimentaire ultra-strict. A l'initiative du projet, Dania Tarhini, la directrice des magasins de luxe Saks Fifth Avenue, en Arabie Saoudite. «C'est possible de respecter la religion et la culture de façon

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