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Libération

Quand j’étais beau gosse…

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Acné. Souvenirs d’ex-boutonneux en écho au film de Riad Sattouf.

Publié le 04/07/2009 à 6h52, mis à jour le 04/07/2009 à 6h52

Plonger la langue dans une soupe de bave. Mouliner. Dans un sens, puis dans l'autre. En gardant les yeux fermés. Mais, pour vérifier que l'autre est bien en pâmoison sous l'effet de ce patin de la mort, le ou la surveiller du coin de l'œil et, ce faisant, croiser son regard en très gros plan. Un premier palot, c'est mémorable. Et c'est toujours un peu mécanique. Comme dit Hervé, le héros des Beaux gosses,le film de Riad Sattouf, «la technique, ça se peaufine». Suffit de s'entraîner, éventuellement contre le miroir de la salle de bains. Ou, comme Hervé, en enfournant son doigt dans la bouche d'un copain qui n'a jamais embrassé de sa vie, rien que pour lui démontrer que la salive ne coule pas sur les côtés.

Un film pareil, c'est mille fois mieux qu'une madeleine de Proust. Pourquoi ? Parce que le rappel des terribles tourments de l'époque -toutes ces vexations et ces sidérations vécues au collège dans la quête obsédante mais redoutée d'un contact charnel avec le grand amour- est tordant. Pas pour tout le monde, il est vrai. Le public adolescent rit jaune, nous l'avons constaté dans plusieurs salles de cinéma. Pétris de pudeur et encore englués dans les affres de leur ingrat statut, les ados d'aujourd'hui trouvent le film «trop trash», son humour «crado», en résumé pas franchement valorisant. Mais pour leurs parents, c'est une pépite, un truc qui soulage, une machine à remonter le temps sans se faire mal. Confidences

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