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Libération

La carte postale et le facteur chance

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Tri . Un courrier a mis soixante-douze ans pour arriver. Déclenchant des spéculations romanesques.

Publié le 11/09/2009 à 0h00

Mieux vaut beaucoup plus tard que jamais. Expédiée il y a soixante-douze ans (le 11 août 1937, le cachet de la poste faisant foi), une carte en noir et blanc postée à Saint-Etienne-de-Tinée dans le haut pays niçois est arrivée ce mois-ci à la poste de Monaco. Noyée parmi 80 000 courriers en provenance de France, le facteur n’y a pas prêté attention. Mais lorsqu’il est arrivé devant l’adresse indiquée, le nom du destinataire ne correspondant pas à celui inscrit sur la boîte aux lettres, il a scruté la carte, remarqué qu’elle était très ancienne, comme son timbre et la calligraphie.

Le facteur en informe sa hiérarchie, qui se fait fort de retrouver le destinataire afin d'honorer sa «mission de service public», précise Jean-Luc Delcroix, directeur de la poste de Monaco. Mais comment faire ? Le message écrit au dos de la carte est laconique - «bon souvenir» - et signé d'un certain JA Achiardy, un nom que les services de la poste peinent à déchiffrer. Celui de la destinataire, Fernande Roberi, semble plus lisible, mais la dame est inconnue à cette adresse. On interroge les vieux facteurs, sans succès.

Finalement, la poste de Monaco décide de publier un avis de recherche.

C'est ainsi que, début septembre, Bernard Achiardy, banquier de 56 ans, fait des bonds en lisant le journal et s'écrie : «Mais c'est maman !» Il téléphone à la poste de Monaco qui lui demande d'apporter son livret de famille afin de prouver sa filiation avec madame Roberi. Entre-temps, les

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