Pour les classes moyennes, c'est un sport national ou une obsession douloureuse. Faut-il choisir un collège pour son enfant? Et lequel? Privé? Public? Dans son quartier ou chez les plus nantis? Avant chaque rentrée, de nombreux parents comparent, sélectionnent, et assument leur préférence. On les appelle les «choosers». Bien avant la réforme Darcos, qui, en 2007, a libéralisé la carte scolaire (lire ci-contre), une partie des parents contournait la sectorisation : selon les statistiques ministérielles, 11% des élèves entrant en sixième avaient dérogé à la carte scolaire, la moyenne montant à 20 % dans les zones urbaines où se pose plus souvent le dilemme : vaut-il mieux être un mauvais parent ou un mauvais citoyen?
La sociologue Agnès van Zanten est allée à Rueil-Malmaison, Nanterre, Montreuil-sous-Bois et Vincennes, en banlieue parisienne, à la rencontre de 167 familles de classes moyennes confrontées à la question du choix du collège. Les parents ont été francs. Comme cette mère, qui raconte pourquoi elle a évité l'établissement scolaire de son secteur. «J'étais allée au collège E. pour la visite portes ouvertes […] C'est merveilleux pour tous les cas sociaux qu'il y avait autour de Nanterre. Mais je pense que c'est comme la médecine : Les maladies cardiaques on les met avec les maladies cardiaques et les maladies infectieuses avec les maladies infectieuses. [Ma fille] avait quand même un milieu stable alors que les autres, c'est vrai, les familles étaient au c




