Au cours de sa formation, un radiologue apprend-il à annoncer un diagnostic ? Non, jamais. Pourtant, «c'est souvent lui qui découvre un cancer sur son écran, et doit trouver les mots et la bonne attitude», explique Liliane Ollivier, présidente de la Société internationale d'imagerie en cancérologie. Médecin à l'institut Curie à Paris, cette radiologue a interrogé des patients sur leur ressenti : entre les médecins qui parlent trop peu et ceux qui parlent trop, les patients sont rarement écoutés. Elle livrera le contenu de son enquête devant ses confrères mi-octobre, à l'occasion des 100 ans de la Société française de radiologie (SFR). Avec l'intention de secouer sa profession. Et pour élargir le débat au grand public, un questionnaire est dès à présent en ligne sur le site de la SFR (1).
Verdict. Premier constat, la radiologie de papa a vécu. En vingt ans, le secteur a connu une révolution technologique fascinante, qui l'a fait passer à l'ère de l'imagerie médicale : soit la possibilité de visualiser toutes sortes de tumeurs sur des images de très haute qualité. Mais dans le sillage de cette accélération technologique, «l'humain est à la traîne», déplore Liliane Ollivier. Lorsque les patients tremblent, surtout à l'occasion d'une mammographie ou d'un scanner-IRM, le radiologue ne sait pas toujours comment désamorcer l'angoisse.
Encore faut-il préciser qu'à Curie, les patients ne sont pas les plus mal lotis. Cet institut, qui s'est fa




