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Interview

«Gérer le choc, le déni ou la révolte»

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Pédagogie . Agnès Hartemann, diabétologue :

Publié le 30/09/2009 à 0h00

Agnès Hartemann, diabétologue, dispense avec ses collègues un enseignement sur la relation «patients-médecins» à la faculté de médecine Pierre et Marie-Curie (Paris-VI), qui prépare les étudiants au dialogue avec les patients. Une formation, mise en place il y a quatre ans, qui reste rare en France.

Pourquoi la formation des médecins se préoccupe si peu de la relation avec les patients ?

Il y a en France la vieille idée que «ça ne s’enseigne pas». Les jeunes médecins apprennent à faire par mimétisme. Mais assister à une annonce de diagnostic dans un stage hospitalier est devenu rare, car les échanges se font très souvent en consultation. Et cette méthode empirique ne vaut que si elle est suivie d’une séance de «débriefing», où le médecin expérimenté commente l’échange qui vient d’avoir lieu avec un patient.

En quoi consiste votre enseignement ?

Nous avons mis en place un module obligatoire de trois heures en quatrième année, qui plaît beaucoup aux étudiants, ce qui prouve que l’attente est forte. Ce module n’est pas délivré en amphi, mais en petits groupes. On part de vidéos, de témoignages filmés de patients qui racontent un vécu douloureux à l’hôpital.

Par exemple, comment on a laissé une femme attendre une semaine des explications sur les hésitations de diagnostic, alors que cette patiente faisait manifestement partie de ceux qui veulent tout savoir tout de suite. Une autre regrette la manière brutale dont on lui a «jeté» à la figure un diagnostic de diabète. Ces témoignages déclenchent des discussions autour de choses simples, comme savoir identifier les réactions humaines normales à l'anno

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