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Interview

Jean-Pierre Jaffré «Je suis pour une libéralisation de l’orthographe»

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Fautes. Linguiste au CNRS, Jean-Pierre Jaffré prône une simplification raisonnée du français, une des langues les plus dures à maîtriser.

Publié le 05/10/2009 à 0h00

Jean-Pierre Jaffré parle du sujet qui fâche - l'orthographe - avec calme, sourire, et un accent du Sud-Ouest. Il est l'un des rares spécialistes des orthographes, au pluriel. Linguiste au CNRS, il a étudié pendant une vingtaine d'années l'évolution de l'écriture du français, selon les temps, les lieux, les «scripteurs» - érudits ou non, enfants, adultes, de France et de francophonie. Il s'est aussi demandé comment on écrit sa langue avec d'autres systèmes d'écriture. Il a donc creusé le chinois, le japonais, le coréen, l'arabe, l'hébreu, le russe, leur histoire et leurs réformes. Au terme de sa carrière, alors que la question de l'orthographe hante une nouvelle fois la rentrée avec l'essai de François de Closets Zéro faute (paru chez Mille et une nuits), il croit non pas tant à une réforme «qui ne saurait être suffisamment radicale pour la simplifier vraiment» mais à un «libéralisme orthographique raisonné». «L'orthographe est là pour véhiculer du sens. Il faut accepter une variation orthographique, aussi longtemps que le sens n'est pas altéré.» Entretien.

Dans «Zéro faute», François de Closets estime que les logiciels de correction régleront la question de l’orthographe. Qu’en pensez-vous ?

Les correcteurs peuvent certes apporter une aide non négligeable lors de l’apprentissage mais ils ne résoudront pas tous les problèmes. Et puis, d’un point de vue éthique, je préfère que chacun apprenne à maîtriser sa propre orthographe. S’en remettre à l’informatique risque d’être une manière de conserver l’orthographe telle qu’elle est. Ce n’est pas ma position.

L’orthographe française est-elle si difficile ?

C'est sans doute l'une de

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