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Dénis de grossesse ordinaires

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Psycho. Attendre un enfant sans le savoir, parfois jusqu’à la veille de l’accouchement : un phénomène qui n’est pas si rare.

Publié le 07/10/2009 à 0h00

Tous les dénis de grossesse ne se terminent pas aux assises. La preuve, ils concerneraient une femme enceinte sur cinq cents. «Le plus souvent, le déni est levé avant l'accouchement», explique l'Association française pour la reconnaissance du déni de grossesse (AFRDG), qui organise vendredi à Montpellier une journée nationale pour sensibiliser le milieu médical et le grand public.

Il y a urgence à informer car ce déni est lui-même… nié. La formation des sages-femmes n’aborde jamais ce cas de figure ; et dans le registre des maladies psychiatriques, il n’existe pas non plus. Quant à la société, elle est tellement sidérée face à ce phénomène que les préjugés l’emportent. On dit des femmes concernées qu’elles cachent une grossesse adultérine ou incestueuse, qu’elles font des enfants dans le dos des pères. Et on les catalogue «paumées», en marge de la société, etc.

«Tous les milieux sociaux sont concernés, et la moitié des femmes ont déjà eu des enfants», affirme Félix Navarro, épidémiologiste et président de l'AFRDG. Alors pourquoi ces grossesses passent inaperçues ? Le mystère reste entier. Mais il renvoie certainement à la part d'irrationnel qui enveloppe toute maternité. Michel Delcroix, gynécologue obstétricien, enfonce le clou : «Etre enceinte, ce n'est pas seulement avoir un bébé dans son ventre. Or, la complexité de la grossesse psychique, qui doit accompagner le développement de la grossesse physique, est laissé de côté.» Il va même plus loin : «Le d

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