A une Parisienne qui ne comprend pas pourquoi les commerçants chinois lui assènent régulièrement un «Y'a pas» à chaque fois qu'elle cherche un produit dans les boutiques de Belleville, Donatien Schramm, grand barbu aux yeux clairs, explique : « Ils ne sont pas commerçants comme on l'entend. Ils ne sont pas là pour rendre un service mais pour écouler leur marchandise. Alors les Français qui viennent tous les six mois avec leurs questions leur font perdre leur temps.» Il y a 10 ans, Donatien Schramm crée une association pour faciliter les relations intercommunautaires (1) et propose aux curieux de visiter la communauté chinoise de Belleville au nord-est de Paris. Ce jour-là, les clients chinois d'un herboriste originaires de Wenzhou, une ville portuaire à 400 km au sud de Shanghai, l'écoutent amusés : «La plupart ne comprennent pas ce que je fais, explique le guide. Ce sont des campagnards qui sont très peu allés à l'école et qui sont venus ici pour gagner de l'argent. Transmettre leur histoire, leur culture, ça leur passe au-dessus de la tête.»
De père alsacien et de mère normande, Donatien se décrit comme un «bon franchouillard un peu con», qui s'est retrouvé à se poser des questions sur sa propre culture en s'intéressant à celle de sa femme, une Chinoise née en France de parents venus du Qingtian. Immédiatement après son mariage, il y a 20 ans, il prend des cours de mandarin puis interroge ses beaux-parents qui habitent en France




