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Libération
Interview

Une vie de clichés collés aux dreadlocks

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Publié le 18/11/2009 à 0h00

Stéphane Mouchel, 43 ans, porte de longues dreadlocks, la coiffure traditionnelle des rastas. Il a ouvert il y a dix ans, dans le quartier de la République à Paris, un salon de coiffure, Capilocks Center, spécialisé dans la confection et l'entretien de ces nattes popularisées par Bob Marley. Pour le Français lambda, les dreadlocks (littéralement «mèches de cheveux effrayantes» en anglais) riment avec consommation de marijuana, crasse et paresse, résume Koumani, l'un des coiffeurs du salon : «Regardez la dernière publicité de l'assureur Allianz, c'est un rasta endormi qui symbolise ce trait de caractère.» Des préjugés qui ont la peau dure. Cette année, sur les 122 affaires liées à l'apparence physique (sur 8 200 dossiers de discriminations) suivies par la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde), un cas concerne un homme à qui son employeur a demandé de supprimer ses dreads pour accéder à un poste. Mais la Halde ne peut pas forcément faire grand-chose : «Les stéréotypes ne sont pas une discrimination, rappelle Mayada Boulos. Il faut être empêché de faire quelque chose à cause de sa différence pour que noussoyons saisis.»

Le samedi après-midi, le salon de coiffure de la rue Albert-Thomas ne désemplit pas et chacun a sa petite histoire à raconter sur l'effet de cette coiffure dans le monde du travail. Jeune noire, Elodie, aujourd'hui coiffeuse, était animatrice en centre de loisirs dans une ville nouvelle de Seine-e

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