Place aux rhododendrons ! C’est le mot d’ordre du remue-ménage qui a eu lieu fin novembre sur une butte du merveilleux jardin alpin hébergé par le Muséum national d’histoire naturelle, à Paris. Michel Flandrin, jardinier en charge de cet espace méticuleusement peuplé de plantes d’altitude, travaille ce jour-là avec le jeune Edouard David à l’éradication d’un bambou aux rhizomes tentaculaires. Présentée en d’autres lieux du Jardin des Plantes, l’herbacé doit être expulsée au profit d’une tripotée de rhodos qui attendent sagement dans leur container d’être plantés.
Patience, SVP. Il faut soigneusement leur préparer le terrain. Le sol, ici, est calcaire, autant dire mortel pour ces plantes de la famille des Ericacées, comme les bruyères. En milieu basique, les rhodos font une jaunisse (une chlorose) faute d'y trouver le fer soluble qui leur permet de fabriquer leur chlorophylle. Comme les bruyères, ils ont besoin d'une terre… de bruyère : ultra-acide, pH4, sableuse, bien drainante, riche en humus. «On creuse donc une fosse profonde de 50 centimètres, on la tapisse d'un tissu géotextile, et on met de la terre de bruyère en prévoyant qu'elle va se tasser», explique Edouard David. Celui qui n'a pas pris cette précaution liminaire devra de temps à autre rajouter au pied de l'arbuste de la terre de bruyère, voire du chélate de fer, utilisable en bio.
Ainsi chaussés, les rhodos se croiront dans les sous-bois montagnards de leur berceau asiatique. «Le rhodo est apparu en Ch




