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Le laurier-tin, taillable et corvéable

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Publié le 05/02/2010 à 0h00

Viburnum tinus est la version végétale du vulgum pecus, humble ressortissant de la majorité silencieuse, obscur faire-valoir de vedettes aux couleurs éclatantes. Alors, une fois n'est pas coutume, qu'hommage soit rendu à cette plante aujourd'hui si répandue dans les jardins qu'on ne la remarque plus. Elle est devenue transparente, ce qui est tout de même un comble pour ce végétal qui doit sa fortune à son opacité. «Ce viburnum buissonne rapidement en belles haies denses, au feuillage sombre et persistant, que l'on peut tailler ou laisser libres. Dans tous les cas, il isole bien du voisinage, relève Robert Pichot, jardinier responsable du carré des vivaces au Jardin des plantes, à Paris. Vu sa fréquence, on peut dire que c'est l'espèce la plus aimée des citadins et banlieusards. Avec la multiplication des jardinets en zone périurbaine, elle a de l'avenir, d'autant qu'elle résiste bien à la pollution !»

Aimée, vraiment ? Rares sont les urbains qui connaissent son petit nom français, et plus rares encore ceux qui savent l'écrire : viorne-tin ou laurier-tin, et non «thym». D'origine méditerranéenne, viburnum tinus ne doit rien à la célèbre plante aromatique et rien au laurier dont il n'est pas même un lointain cousin : il appartient à la famille des adoxacées, qui compte le sureau et une bonne centaine d'autres viornes, toutes plantes avec lesquelles il partage au moins un caractère flagrant, la fragrance : les fleurs de V

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