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If, if, if, hourra

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Publié le 12/02/2010 à 0h00

On a un peu peur quand on les frôle, dans les étroites sentes sablées qui coupent la grande perspective du Jardin des Plantes, à Paris. Ils sont si grands, les ifs, si sombres, si larges, impénétrables comme une forêt enchantée. On se dit que les druides avaient raison de leur prêter un don surnaturel, celui d’immortalité, croyance qui vaut à ces conifères de hanter les cimetières, aujourd’hui encore. On les sent indestructibles.

Ils le sont, à l'échelle du végétal ordinaire. «On peut les tailler, en faire des haies de 70 cm de haut ou des murailles végétales de plusieurs mètres, ils restent toujours aussi fournis», dit Eric Joly, directeur du Jardin des Plantes. Ils poussent, imperturbables. Dans n'importe quelle terre. Longtemps - l'if du cimetière d'Estry, dans le Calvados, a 1 600 ans - et lentement, fabriquant un bois dur dont on a fait des arcs, des flèches… et des baguettes magiques. Bien vu, les aïeux. L'if est magique, on l'a prouvé au XXe siècle. Il donne la mort, et la vie.

Tout est toxique chez lui - ses feuilles, son écorce et les graines noires que produit à l’automne l’if femelle. Seul l’enrobage rouge vif de ses fruits, l’arille, est comestible : il faut bien donner quelque chose aux oiseaux qui participeront à la survie de l’espèce en disséminant les graines qu’ils auront mangées sans les croquer, heureusement pour eux. Tous les mammifères n’ont pas cette sagesse : on ne compte pas le nombre de chevaux de corbillard morts d’avoir voulu trom

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