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Eldorado

«Je serai jamais un gros drogué, j’ai pas les moyens»

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Publié le 18/03/2010 à 0h00

«La seconde, c'est la meilleure année pour rien foutre, dit Victor. Y a pas d'examen au bout, elle sert à rien, tu peux faire tout ce que tu veux.» Dans son cas, cela signifie jouer sur l'ordi sans limite, voir ses copains du matin au soir, fumer des joints aussi souvent que possible. Il est en seconde près de Paris. Depuis quelques mois, ses résultats se sont effondrés : les profs ont alerté ses parents, qui s'inquiètent. Leur fils fume. C'est grave ? Solennel, la main sur le cœur : «Je serai jamais un gros drogué, j'ai pas les moyens, j'achète des petits bouts à cinq euros, c'est tout.» Il ne veut pas dire quand il a commencé, mais ça remonte au collège. Il fume avant le cours de maths. Comme ça, de bon matin, avec un pote ou deux.

«C'est jamais toute une classe qui fume, mais des petits groupes, très soudés, explique Jeanne, en troisième à Paris. Ils ne se cachent pas trop, ils sèchent les cours. Et ils sont très politiques, ils ont plein d'idées anars, ils aiment bien provoquer.» Pour sa copine Hélène, «il y en a qui fument juste pour se la péter, parce que ça fait stylé. Mais, on ne sait pas, peut-être qu'ils n'ont pas une vie facile, qu'ils sont un peu déprimés…»

Un petit bédo avant d'entrer en classe, ça ne rend pas très tonique, les profs les repèrent vite. A la sortie, c'est moins risqué. Les discussions s'éternisent devant les grilles, sur les bancs publics. Ensuite, il faut rentrer. Et trouver l

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