Pattes de mouche illisibles, hiéroglyphes indéchiffrables, écriture très appliquée ou au contraire de pur cochon, il n'y a pas deux façons identiques de tracer des pleins et des déliés. Et c'est encore plus vrai aujourd'hui qu'aux temps de nos aïeux. Les experts parlent d'une «empreinte temporelle» qui saute aux yeux quand on tombe sur un billet doux d'avant-guerre. Longtemps, l'école primaire n'a pas laissé le choix : il fallait entrer dans un moule, tracer à la plume des lettres respectant à la perfection les canons de la calligraphie. Finies ces contraintes, désormais l'écriture est beaucoup moins plaquée. Plus libre, elle est aussi profondément intime, ce qui la rend quasiment infalsifiable. Les cancres qui tentent de bafouiller un mot d'excuse en imitant leurs parents en savent quelque chose. Reproduire une signature, avec de l'entraînement, passe encore. Mais dès qu'il s'agit de rédiger plusieurs lignes, les escrocs sont démasqués. En fait, pour écrire exactement comme un autre, il faudrait pouvoir se glisser dans sa peau.
Vérifier l’authenticité des écrits et donc identifier leur auteur est d’ailleurs un métier. C’est celui de Suzanne Schmitt, l’un des très rares experts en écriture près la cour d’appel de Paris, agréé par la Cour de cassation. Et également graphologue (elle peut réaliser un portrait psychologique à partir d’une écriture). Cumuler ces deux casquettes est rare.
Pourquoi chaque écriture est-elle unique ?
De l'apprentissage de l'écriture dès la petite enfance à la phase de personn




