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Bacheliers en mode majeur

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Ils ont un métier, mais pas le bac. Toute l'année, ils ont suivi des cours du soir pour parvenir enfin à décrocher le diplôme qui les fait rêver.

Le 11 juin 2007, des candidats au bac prennent connaissance de leurs sujets de philosophie. (© AFP Martin Bureau)
Publié le 05/07/2010 à 20h52, mis à jour le 05/07/2010 à 20h54

Article publié sur Libé.fr le 5 juillet 2010

Plus que les autres, ils attendent mardi matin les résultats du bac. Pour eux, c’est le graal, la fin d’une quête absolue. Certains y croient dur comme fer. D’autres espèrent au mieux le rattrapage: travaillant dans la journée, ils n’ont pas pu se préparer comme les autres. Ou alors, après tant d’années d’interruption, ils ont du mal à s’y remettre. Les 240 élèves du Lycée municipal d’adultes de Paris, dans le XIVè, ont tous repris leur études après une pause plus ou moins longue. La plupart ont moins de 25 ans, le doyen a 64 ans. Toute l’année, ils ont eu cours chaque soir de 18 heures à 22 heures, ainsi que le samedi matin.

Créé en 1980, le lycée, financé par la Ville de Paris, est une structure unique en France. Il prépare gratuitement des adultes aux trois filières du bac général (S, L et ES).

«Un rêve d'enfant», «Toute ma vie, j'ai été exclu des conversations, maintenant je veux en faire partie», «Je veux combler un vide que j'ai vécu comme un complexe.»: Françoise Noël-Jothy, la proviseure, note dans un cahier les petites phrases des élèves. Elle connaît chacun par son prénom, évoque ce cadre SNCF qui veut le bac avant sa retraite, cette employée de maison qui tombe parfois de fatigue… «Des parcours admirables, des gens particulièrement tenaces.» «Le lycée est un vrai labo, ajoute-t-elle. Dans nos classes, il y a une mixité

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